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dimanche 8 février 2015

LEMONCOURT (57) - Eglise Notre-Dame

Situé au nord-est de Nancy et à l'est de Pont-à-Mousson, sur le chemin de la cote de Delme,
le modeste village de Lemoncourt (dénommé Lymuncurt en 1181 et 1192) possède l'un
des plus beaux édifices du 1er âge gothique : l'église paroissiale Notre-Dame (XIIe-XIVe siècle).

LEMONCOURT (57) - Eglise paroissiale Notre-Dame
Le clocher en partie roman et la façade avec son portail gothique

Aperçu historique

Cette église, qui dépendait à la fois des abbayes messines Sainte-Glossinde et Saint-Vincent,
a été construite vers la fin du XIIe siècle comme en témoigne son clocher, fortifié par la suite,
puisqu'on dénombre quatre archères, une par côté de la tour !

LEMONCOURT (57) - Eglise paroissiale Notre-Dame
Le portail du 1er âge gothique

Au cours du deuxième quart du XIIIe siècle, l'église est en partie reconstruite ; la nef reçoit
un voûtement sur croisées 'ogives et la façade se dote d'un superbe portail du 1er âge gothique
dont le tympan figure le Couronnement de la Vierge.

Au XIVe siècle, les voûtes sont refaites et des restaurations sont effectuées au XIXe siècle.
Enfin, l'édifice est classé monument historique en 1930.

LEMONCOURT (57) - Eglise Notre-Dame
Plan de l'église de Lemoncourt

L'architecture

Le clocher, encore de tradition romane aux baies géminées et aux archères à étrier en triangle
(mises en place à la fin du XIIe siècle pendant une période trouble), domine toujours l'église
du deuxième quart du XIIIe siècle.

LEMONCOURT (57) - Eglise paroissiale Notre-Dame
 Portail - Le tympan avec le Couronnement de la Vierge sous des voussures en plein cintre
LEMONCOURT (57) - Eglise paroissiale Notre-Dame
 
La façade comporte un très beau portail du 1er âge gothique avec un tympan historié montrant
le Couronnement de la Vierge par le Christ situé à sa gauche, sous le regard bienveillant de
deux saints agenouillées : le diacre Saint-Vincent (à droite) tenant dans ses mains la palme
du martyr et Sainte-Glossinde (à gauche), les mains jointes sous un dais tenus par deux anges,
un la surplombant et l'autre juste derrière elle. La présence de ses deux saints-patrons n'est
pas sans rappeler que l'église de Lemoncourt relevait des abbayes Saint-Vincent
et Sainte-Glossinde de Metz pour moitié.
 
LEMONCOURT (57) - Eglise paroissiale Notre-Dame

LEMONCOURT (57) - Eglise paroissiale Notre-Dame
Portail - Tympan : Représentation de Sainte-Glossinde

LEMONCOURT (57) - Eglise paroissiale Notre-Dame
Portail - Tympan : Représentation du diacre Saint-Vincent

LEMONCOURT (57) - Eglise paroissiale Notre-Dame
Portail - Tympan : Un ange 

 Le remarquable tympan est encadré par des voussures en plein cintre encore bien romanes
retombant sur les chapiteaux à crochets soutenus par les colonnes des pieds-droits.

En ce qui concerne l'influence artistique, on peut seulement dire qu'avec ses cheveux ondulés
et ses joues pleines, la Vierge du tympan a des ressemblances avec la Vierge de la Visitation
du portail de la cathédrale de Reims, excepté évidement la qualité d'exécution de cette
dernière, qui demeure bien supérieure !

LEMONCOURT (57) - Eglise paroissiale Notre-Dame
Portail - Chapiteaux à crochet supportant les voussures en plein cintre encadrant le tympan
  
A l'intérieur, la nef unique, qui est courte (deux travées), se finie par un chœur à chevet plat doté
de trois fenêtres en plein cintre, rappelant quelque peu l'art cistercien
(comme à l'abbaye de Fontenay en Bourgogne ou à celle du Thoronet dans le Var) !

LEMONCOURT (57) - Eglise paroissiale Notre-Dame
 La nef unique voûtée sur croisées d'ogives gothique
LEMONCOURT (57) - Eglise paroissiale Notre-Dame

Voûtée sur croisées d'ogives (XIIIe-XIVe siècles) avec clefs de voûte tantôt à fleurons tantôt à petits
 personnages et animaux, la nef présente des sculptures ornementales de toute beauté comme
les statues-colonnes (à la retombée des voûtes) représentant notamment des anges.

LEMONCOURT (57) - Eglise paroissiale Notre-Dame
Le chœur à chevet plat voûté sur croisée d'ogives gothiques

LEMONCOURT (57) - Eglise paroissiale Notre-Dame
 Le voûtement gothique sur croisées d'ogives avec clefs

LEMONCOURT (57) - Eglise paroissiale Notre-Dame
Clef de voûte à fleuron

LEMONCOURT (57) - Eglise paroissiale Notre-Dame

LEMONCOURT (57) - Eglise paroissiale Notre-Dame
Personnage et animal (chien ?) au croisement des ogives

LEMONCOURT (57) - Eglise paroissiale Notre-Dame
Pilastre droit historié supportant la voûte
avec des visages, des chapiteaux à feuillage... 

LEMONCOURT (57) - Eglise paroissiale Notre-Dame
Pilastre gauche fleurdelisé supportant la voûte

On découvre également des chapiteaux différents (souvent à feuillages et pour certains
encore romans dans leur conception puisqu'on retrouve des palmettes et entrelacs comme on en
trouve régulièrement dans d'autres édifices religieux romans de la région) et des têtes d'hommes
et de femmes (toujours à la retombée des voûtes) identifiés par certains
comme la Vierge (?), Sainte-Anne (?), le Christ (?)... 

LEMONCOURT (57) - Eglise paroissiale Notre-Dame
Tête masculine

LEMONCOURT (57) - Eglise paroissiale Notre-Dame
Tête féminine

LEMONCOURT (57) - Eglise paroissiale Notre-Dame
Pilastre gauche avec statue-colonne (un ange) et colonnes à chapiteau à crochets
 
LEMONCOURT (57) - Eglise paroissiale Notre-Dame

LEMONCOURT (57) - Eglise paroissiale Notre-Dame
 Tête d'homme abîmée avec sa coiffure typique du XIIIe siècle et polychromie

LEMONCOURT (57) - Eglise paroissiale Notre-Dame

LEMONCOURT (57) - Eglise paroissiale Notre-Dame
Tête de l'ange de la statue-colonne du pilastre droit

LEMONCOURT (57) - Eglise paroissiale Notre-Dame
Chapiteaux du pilastre gauche

LEMONCOURT (57) - Eglise paroissiale Notre-Dame
Chapiteau du chœur à entrelacs et palmette au centre

LEMONCOURT (57) - Eglise paroissiale Notre-Dame
Chapiteau du chœur à feuilles superposées

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mercredi 4 février 2015

PARIS (75) - Musée du Louvre : Plaques en émail champlevé limousines

Parmi les collections médiévales du Musée du Louvre, les émaux champlevés limousins
occupent de belles vitrines qui les mettent en valeur !

Aujourd'hui, je vous présente trois plaques de cuivre repoussées, gravées et dorées
provenant de l'autel majeur de l'abbaye de Grandmont (Haute-Vienne) et réalisées,
à Limoges, entre 1220 et 1230.

 Figuration de Saint-Paul

Les personnages - les Apôtres Saint-Paul, Saint-Thomas et Saint-Mathieu - se détachent sur
un fond orné de volutes végétales et de fleurs, ainsi que d’un trône pourvu
d’un coussin et d’une bande sur laquelle est inscrit leur nom.

 Figuration de Saint-Mathieu

La figuration frontale des Apôtres, avec leurs draperies aux courbes fluides épousant les
formes du corps, permet de rattacher ces chef-d’œuvres au courant stylistique
si propre au début du XIIIe siècle, reprenant les codes antiques.

 Figuration de Saint-Thomas
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mardi 3 février 2015

LE PIN (39) - Château-fort

Bâti sur une légère éminence, dominant la vallée et situé à 3 kilomètres au nord-est de Lons-le-
Saunier, le château du Pin figure parmi les plus beaux châteaux médiévaux de Franche-Comté.

LE PIN (39) - Château-fort

La montagne du "Vieux Montanoisel" porte ainsi un puissant donjon associé à
d'autres éléments défensifs et d'habitations.

Il succéda à une fortification (dénommée "Garde chemin"), citée en 1053, appartenant aux
moines clunisiens de Baume-les-Messieurs et chargée de surveiller la route du sel.

LE PIN (39) - Château-fort

Le 2 février 1253, l'abbé de Baume-les-Messieurs octroya ainsi la moitié de l'ancien castrum
de Montanoisel à  Jean 1er de Chalon dit l’Antique (1190-1267), qui venait de faire
construire illégalement un donjon sur une partie des terres monastiques, en s'écartant
d'une centaines de mètres de l'ancien château des moines.

En contrepartie, le comte de Chalon "donna à l'abbaye de Baume tous les étangs et les moulins
qu'il établirait depuis le Louverot jusqu'à la forêt de Chille, moitié des amendes et de la justice
qu'il avait à Montanoisel, Montain et Lavigny, et tout ce qu'il possédait dans ces villages,
à la réserve de 15 quartaux d'avoine (à la mesure de Château-Chalon) et de la faculté de
forcer les habitants de ces lieux à contribuer au guet et à la garde et aux menus emparements
de son château lorsqu'il en aurait besoin" (Archives du Jura)
LE PIN (39) - Château-fort

En 1336, son arrière petit-fils, Jean II de Chalon-Arlay (1312-1362) fit renforcer le donjon
et demanda la construction d'une enceinte fortifiée composée de tours rondes.

Le 20 juillet et 30 novembre 1373, les habitants des villages de Pannessières de Lavigny
et de Montain furent sommés d'assurer le guet et la garde du château du Pin.
En contrepartie, le comte les paiera 20 deniers.

En 1445, Guillaume de Vaudrey, seigneur de Courlaoux devint le nouveau propriétaire
du château du Pin, en l'achetant à Louis II de Chalon-Arlay (1390-1463).

Le seigneur de Courlaoux remodela quelque peu la forteresse.

LE PIN (39) - Château-fort

En 1470, avec le développement des armes de siège et de l'artillerie, les défenses du donjon
furent donc revues sur ordres du sire de Vaudrey !

En 1525, le donjon fut à nouveau modifié par le fils de Guillaume de Vaudrey.

En 1595, le roi Henri IV aurait couché dans une chambre du donjon.

En 1596, le château appartient  à la famille Charreton.
LE PIN (39) - Château-fort

Le 27 juillet 1637, les troupes françaises menées par Henri de Longueville s'emparèrent du château.

Le 15 octobre 1674, le château fut en partie démantelé sur ordre du roi de France.
En effet, le souverain ordonna aux échevins de Perrigny "d'aller et envoyer incessamment
au château du Pin et pour jeudi prochain sans remise, les habitants dudit lieu, fournis de pics, pioches, fousseurs, paniers et autres choses nécessaires pour raser par le pied tout ce qui est
depuis la maîtresse tour où est le logement (le donjon) jusqu'à la tour de la prison, le flanc qui
 regarde aussi cette brèche sera rasé, aussi la muraille qui entoure le puits et tout ce qui est
devant la porte, à la réserve des murailles du jardin…se sorte que toutes les besognes
y soient parachevées entièrement pour la Saint-Martin" (Archives du Jura)

Au XVIIIe siècle, le château changea plusieurs fois de propriétaires. Le château fut ainsi vendu
aux Abriot pour 170 000 livres le 20 août 1764, somme qui sera employée à l'acquittement
des dettes et charges de la succession du comte de Broissia du Pin décédé 3 mois auparavant.
Cette vente sera contestée en 1783, par sa fille alors mineure au moment du décès de son père.

Après 1848, la forteresse devint une exploitation agricole.
LE PIN (39) - Château-fort

 Vers 1920, le Baron Carlos de Watteville acheta le château alors partiellement en ruine.

En 1923, début des travaux de consolidation, reconstruction et restauration du château.

En 1926, la tour fut inscrite aux titres des Monuments Historiques.
LE PIN (39) - Château-fort
Le donjon avec ses machicoulis et ses poivrières.
LE PIN (39) - Château-fort
Le donjon du XIIIe siècle avec ses poivrières et fenêtres à meneaux du XVe siècle
LE PIN (39) - Château-fort

LE PIN (39) - Château-fort
L'une des tours rondes de l'enceinte et l'arrière du logis du XVe siècle
avec ses fenêtres à meneaux.

LE PIN (39) - Château-fort
La porterie avec son ouverture en arc brisé défendue par une archère modifiée pour l'artillerie

LE PIN (39) - Château-fort
Cour intérieure avec le logis du XVe siècle avec sa tourelle octogonale et les fenêtres à meneaux

LE PIN (39) - Château-fort
Vestiges d'une ancienne cheminée associé à une fenêtre à coussiège (XIVe-XVe siècles)

LE PIN (39) - Château-fort
Grande salle du donjon - Cheminée aux armoiries de la famille Charreton

LE PIN (39) - Château-fort
Porte à linteau en accolade
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dimanche 1 février 2015

THANN (68) - Collégiale Saint-Thiébaut (Intérieur)

Après l'histoire et la visite extérieure de la collégiale de Thann,
pénétrons à l'intérieur de ce bel édifice gothique !

THANN (68) - Collégiale Saint-Thiébaut (Intérieur)

Dès qu'on franchit le seuil de l'une des portes de la collégiale, on découvre une nef, longue
de 23 mètres, large de 11 mètres et haute de 22 mètres ; c'est l'architecte Hans Rüssenstein
qui la fit construire à partir de 1468, dans le style rhénan, sans transept ni triforium.

THANN (68) - Collégiale Saint-Thiébaut (Intérieur)
Le chœur de la collégiale

L’élévation de cette nef est simple, à deux étages, la zone de la paroi intermédiaire n’étant rythmée que par une seule colonnette sans chapiteaux pour scander les travées, comme par exemple à Ulm. 

THANN (68) - Collégiale Saint-Thiébaut (Intérieur)

THANN (68) - Collégiale Saint-Thiébaut (Intérieur)

THANN (68) - Collégiale Saint-Thiébaut (Intérieur)
Les arcades en arc brisé séparant la nef des bas-côtés
THANN (68) - Collégiale Saint-Thiébaut (Intérieur)

THANN (68) - Collégiale Saint-Thiébaut (Intérieur)
Les autels dorés placés à l'entrée du choeur
THANN (68) - Collégiale Saint-Thiébaut (Intérieur)

THANN (68) - Collégiale Saint-Thiébaut (Intérieur)
Le voûtement de la nef

Les voûtes de style flamboyant couvrant la nef furent réalisées par l'architecte bâlois Remy Faesch,
 dernier maître d’œuvre de la collégiale de 1492 à 1516. De remarquables clefs armoriées et
 figuratives (Dieu, Saint-Thiébaut...) ornent le voûtement.

THANN (68) - Collégiale Saint-Thiébaut (Intérieur)

THANN (68) - Collégiale Saint-Thiébaut (Intérieur)
Les vitraux (1423–1431) sont répartis sur 8 verrières de 15m de haut

Le chœur de la collégiale, long de 22 mètres conserve un voûtement à résilles de 1422.
 Huit grandes verrières, remontant aux années 1423-1431, éclairent ce chœur ; il s'agit du
plus vaste ensemble de vitraux médiévaux du XVe siècle d'Alsace. Bien qu'ayant souffert
des guerres récentes, on y reconnaît les figurations de La Genèse, les Dix Commandements
et des prophéties, la Vie publique du Christ, la Passion du Christ, la Vie de la Vierge,
les Miracles de saint Thiébaut et de Sainte-Catherine.

Enfin, ce chœur abrite des stalles médiévales du XVe réalisées pour les chanoines
du chapitre de Saint-Amarin venus s’installer à Thann en 1441. 169 personnages ornent ces
stalles et forment, la encore, l'un des plus importants ensembles de ce type en Alsace.

THANN (68) - Collégiale Saint-Thiébaut (Intérieur)

Le bas-côté nord de la collégiale présente la plus belle voûte étoilée flamboyante de la région,
œuvre de Faesch. Les clés de voûte ainsi que les clés intermédiaires sont toutes sculptées et peintes.
On découvre ainsi les représentation de l'Agneau mystique, de Saint Thiébaut avec deux pèlerins,
 d'une Vierge à l’Enfant, de Sainte-Catherine d’Alexandrie, d'un Christ bénissant, d’Évangélistes,
de Vierges folles et sages, de personnages de l'Ancien Testament, de blasons, d'animaux…

THANN (68) - Collégiale Saint-Thiébaut (Intérieur)
Bas-côté nord

THANN (68) - Collégiale Saint-Thiébaut (Intérieur)
 Bas-côté nord - Voûtement à croisées d'ogives à liernes et tiercerons
et à clefs de voûte armoriées et figurées
THANN (68) - Collégiale Saint-Thiébaut (Intérieur)

THANN (68) - Collégiale Saint-Thiébaut (Intérieur)
Bas-côté nord - Clef de voûte centrale avec l'Agneus Dei

 Bas-côté nord -  Clef de voûte rreprésentant Saint Thiébaud entouré de deux pèlerins à genoux
les mains jointes en signe de prière et deux anges soutenant la mitre du saint

Le bas-côté sud s'ouvre sur la chapelle de la Vierge, du XVIIè siècle, qui avec sa voûte étoilée.
Dans la chapelle Saint-Thiébaut, la niche centrale montre le saint entouré de deux anges, statue
de 1520, et marque l’endroit où se serait produit le miracle des sapins.

La chapelle de la Vierge conserve la Vierge des Vignerons, œuvre du XVe siècle montrant
 la Madone portant un enfant Jésus malicieux cachant une grappe de raisin derrière son dos.

THANN (68) - Collégiale Saint-Thiébaut (Intérieur)
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