Patrimoine de Lorraine

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mercredi 23 novembre 2016

SAINT-QUENTIN-FALLAVIER (38) - Le château de Fallavier

Érigé sur le versant ouest d’une colline, appelée « Le Relong », du côté le plus abrupt, le château
de Fallavier domine toujours le village et la plaine du Bas-Dauphiné.

Une chênaie s’est peu à peu développée sur les pentes rendant l’accès à la fortification quelque
peu difficile. Mais lorsqu’on grimpe vers elle, on découvre au fur à mesure les vestiges d’un
riche passé, restaurées depuis le début des années 1970.

En effet, c’est à l’instigation de monsieur Gabriel Mérard, décédé voilà dix ans, que nous pouvons
aujourd’hui retrouver, en partie, l’état du château construit sur les ordres de Philippe
de Savoie en 1280 par Tassin de Saint-Georges.

SAINT-QUENTIN-FALLAVIER (38) - Le château de Fallavier

 Occupé depuis l’époque gallo-romaine, le site de Fallavier devient un lieu privilégié à partir de
l’époque carolingienne. Un édit de Charles-le-Chauve, daté de 877, fait état de la présence
d’une fortification, possession des seigneurs de Boscozel.

A cette époque, elle a pour fonction de défendre la forêt de Planaise et les côtes de Fallavier.

SAINT-QUENTIN-FALLAVIER (38) - Le château de Fallavier

Les seigneurs de Boscozel restent seigneurs de Fallavier jusque vers l’an 1000, date à laquelle,
le château passe aux mains des seigneurs de Beauvoir de Marc. Hector de Beauvoir
ne garde celui-ci une trentaine d’années.

A partir de 1030, Humbert aux Blanches Mains, comte de Maurienne reçoit des mains de
l’archevêque de Vienne, la zone nord du Viennois et par conséquent
le château de Fallavier ; sa famille le conservera jusqu’en 1127.

SAINT-QUENTIN-FALLAVIER (38) - Le château de Fallavier

 Par la suite, nombre de seigneurs deviennent propriétaires du château de Fallavier avant que la
Maison de Savoie ne l’acquière : de 1127 à 1242 et en 1249, c’est Guillaume de Beauvoir,
de 1242 à 1250, Hugues et Albert IV de la Tour, seigneur à l’origine de la troisième
et dernière branche des dauphins de Viennois.

SAINT-QUENTIN-FALLAVIER (38) - Le château de Fallavier

Pierre de Savoie reçoit d’Albert IV de la Tour le château et la seigneurie de Fallavier en 1251.

Afin de l’administrer, il confit la gestion et la défense à un seigneur-châtelain,
le chevalier Humbert de Briord.

Philippe de Savoie, archevêque de Lyon, en devenant comte de Savoie en 1270 souhaite récupérer
 le château de Fallavier. Ainsi, moyennant une rente de 20 000 livres viennoises, Humbert
de Briord abandonne tous ses droits sur Fallavier et remet la forteresse.

SAINT-QUENTIN-FALLAVIER (38) - Le château de Fallavier

 Dès son acquisition, Philippe de Savoie envisage de rénover cette vieille forteresse, en la
renforçant et la dotant d’un puissant donjon circulaire, typiquement savoyard.

Pour cette remise à neuf du site, le comte fait appel pour le gros œuvre au maître-d’œuvre
Tassin de Saint-Georges et à son frère Gilet. Le contrat d’engagement est passé en 1280.

En 1355, avec le traité de Paris, le roi de France et le comte de Savoie échangent des territoires
et fixent les nouvelles limites de leurs Etats respectifs. Ainsi, la terre et
le château de Fallavier deviennent terre française.

SAINT-QUENTIN-FALLAVIER (38) - Le château de Fallavier

 En 1357, le gouverneur du Dauphiné, Guillaume de Vergy, reçoit la terre de Fallavier, mais
trois ans plus tard celle-ci échoit de nouveau au roi de France.

Ce dernier en fait don, en 1369 au comte de Genève, Amédée IV, qui la lègue à son fils Pierre.

Le château passe ensuite entre de nombreuses mains jusqu’au début du XXe siècle.

 Enfin, monsieur Gabriel Mérard achète les ruines du château dans l’optique de le restaurer.

SAINT-QUENTIN-FALLAVIER (38) - Le château de Fallavier

SAINT-QUENTIN-FALLAVIER (38) - Le château de Fallavier

Malgré la faiblesse de la pente, le château de Fallavier entre dans la catégorie des châteaux de
hauteur. Son système de défense, mis au point par Pierre II de Savoie, est revu par Philippe
de Savoie à partir du dernier quart du XIIIe siècle.

La défense repose à la fois sur une première enceinte en contrebas de la pente, sur une seconde
enceinte enserrant le sommet de celle-ci et enfin sur le puissant donjon circulaire.

SAINT-QUENTIN-FALLAVIER (38) - Le château de Fallavier

 Précédée d’un large fossé, la première enceinte englobe quasiment un hectare et demi et représente
la première ligne défensive du dispositif voulu par Philippe de Savoie.

L’accès à l’intérieur de celle-ci se fait par une porte encadré de deux postes de garde, situés au
sud-est. Les restes des remparts conservent encore leur chemin de ronde parfois crénelé et, à
intervalle régulier, quelques archères typiquement de la fin du XIIIe siècle.
Les murs ont une épaisseur de 1 mètre 50 environ.

Entre cette première enceinte et le sommet, un fossé est aménagé en contrebas de la pente.

SAINT-QUENTIN-FALLAVIER (38) - Le château de Fallavier

 La seconde enceinte crénelée irrégulière conserve à l’abri de ses murs tous les anciens bâtiments
d’habitation du châtelain. La plupart de ceux-ci ne sont plus qu’à l’état de fondation.

On devine encore les murs délimitant les différents espaces intérieurs du château.

La grande salle, de 22 mètres sur 10, représente sans conteste la pièce principale du château.

SAINT-QUENTIN-FALLAVIER (38) - Le château de Fallavier

D’après une enquête de 1369, elle était dotée d’une cheminée et de plusieurs fenêtres.

Les visiteurs ont remarqué la présence de tables, banc, linge de table, un lit et deux grands échelles.

La cuisine toute proche est bordée par l’étable et au centre le puits est toujours là sa margelle.

En 1436, l’inventaire qui est fait dans la cuisine, montre à quel point ce lieu ne recelait pas
uniquement de quoi préparer des mets. En effet, elle comportait certes des vases,
marmites et bassins mais également le châtelain y faisait stocker
deux balistes, quatre canons et deux bombardes.

SAINT-QUENTIN-FALLAVIER (38) - Le château de Fallavier

L’inventaire du cellier démontre qu’ils s’y entreposaient du vin en abondance (12 sommées),
de l’huile, des salaisons, du miel et des pois chiches. Il servait tout comme la cuisine
à conserver de la poudre à canon.

La chapelle, de 18 mètres sur 5, est placée sous le vocable de saint Christophe et date bien des
travaux de la fin du XIIIe siècle puisqu’il subsiste une arcade à redents.

L’enquête de 1369 nous indique qu’un chapelain y dit la messe tous les jours.

La sacristie de la chapelle comportait, selon l’inventaire réalisé en 1436 : un lit et un coffre.

A proximité de la sacristie, une chambre avec une garde-robe avait en 1436 : un lit, une table,
des vêtements et également une réserve de blé, orge, seigle et pois.

SAINT-QUENTIN-FALLAVIER (38) - Le château de Fallavier

 Le donjon circulaire, haut de 20 mètres, est une tour passive dont les murs ont 1,60 m d’épaisseur
et dont le diamètre atteint 11 mètres. Elle ressemble bien aux tours des châteaux du Pays de Galle
mais adopte aussi la forme des donjons philippiens.

En 1369, la couverture de celui-ci est refaite avec des tuiles.

SAINT-QUENTIN-FALLAVIER (38) - Le château de Fallavier

 La porte d’accès au donjon se trouvant à plus de 3 mètres du sol,  il fallait sans doute emprunter
une passerelle ou un pont-levis depuis la courtine. Il est divisé en quatre niveaux : le premier
comporte un cul-de-basse-fosse, le second est celui par lequel on accède à la tour,
le suivant peut s’apparenter à la salle des gardes et enfin le dernier est la plate-forme
sommitale crénelée et couverte qui permettait au châtelain et à ses hommes
de regarder aussi loin que porte le regard.

SAINT-QUENTIN-FALLAVIER (38) - Le château de Fallavier

SAINT-QUENTIN-FALLAVIER (38) - Le château de Fallavier

 Le château de Fallavier, véritable œuvre d’un grand prince, Philippe de Savoie, fut
l’une des forteresses les plus convoitées du Dauphiné.

Grâce au concours de bénévoles, sous l’impulsion de Gabriel Mérard, a commencé  le sauvetage
de cette forteresse. De 1969 à 1992, de nombreux débroussaillages et restaurations ont
permis de retrouver en partie le site tel que l’avait voulu Philippe de Savoie.

Propriétaire depuis 1992, la commune de Saint-Quentin-Fallavier se charge
désormais de l’entretien des lieux.

SAINT-QUENTIN-FALLAVIER (38) - Le château de Fallavier
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